Gustav Klimt et Auguste Rodin à la Légion d’Honneur

Dimanche 15 octobre 2017

Ce dimanche, n’ayant pas prévu de randonnée en raison des incendies sévissant dans Napa et Sonoma Counties et provoquant un smog parfois bien gênant à San Francisco et dans les environs, nous décidons d’aller voir l’expo Klimt & Rodin : An artistic Encounter à la Legion of Honor.

Cette exposition met en parallèle les œuvres du sculpteur Auguste Rodin (1840-1917) et du peinte autrichien Gustave Klimt (1862-1918), tous deux connus pour avoir rompu avec les traditions artistiques et enraciné leur œuvre dans l’histoire de l’art moderne. Rodin n’est reconnu et internationalement acclamé – surnommé le Michel-Ange parisien à Vienne en 1898 – qu’à l’âge de 60 ans, après avoir surmonté de nombreuses critiques. Pour sa part, Gustav Klimt doit faire face à des critiques tenaces envers ses œuvres, dans une Vienne restée ancrée dans les traditions et préférant les artistes imitant les maîtres du passé.

Les deux artistes ne se rencontrent cependant que le 5 juin 1902, alors que Rodin se déplace à Vienne pour une exposition du mouvement de la Sécession Viennoise dont Klimt est le premier président. Ce mouvement artistique rejette le conservatisme ambiant, prône un échange international des idées, cherche à créer un art total et instaure des contacts avec les artistes étrangers, dont de nombreux français. Et Rodin y exposera régulièrement certaines de ses œuvres. Mais en 1902, le grand sculpteur se déplace pour une exposition réunissant 21 artistes – peintres et sculpteurs – et rendant hommage au compositeur allemand Ludwig van Beethoven. A cette occasion, Klimt y expose une gigantesque frise, réponse à la Neuvième Symphonie du compositeur. L’artiste traite du désir de bonheur et de l’espoir du salut chez l’homme… et ne manque pas de susciter la controverse !

Les deux artistes ont fait face à de nombreuses controverses au fil de leurs carrières respectives. Rodin a été accusé de « mouler directement les corps de ses modèles » pour vouloir rendre les corps nus « vivants ». Nuda Veritas de Klimt – son crédo artistique – a également suscité des critiques car le nu n’y est pas idéalisé. On peut lire au sommet une phrase de Schiller : « Si tu ne peux pas plaire à tous par tes actes et ton art, plais à peu. Plaire à beaucoup est mal ».

Les deux artistes étaient cependant diamétralement opposé dans leur processus créatif. Rodin était très productif, avait cinquantaine d’assistants, accueillait visiteurs et photographes dans son studio et répondait volontiers aux questions posées, ce qui rend son œuvre extrêmement bien documentée. De son côté, Klimt ne réalisait que quelques peintures par année, 245 sur l’ensemble de sa vie ; son studio était son espace privé et seuls quelques amis proches et modèles y entraient. Il travaillait seul, refusant étudiants et assistants et il n’existe aucune photo de l’artiste dans son studio.

Rodin et Klimt se rejoignaient cependant sur d’autres points, comme le rejet de la tradition et un intérêt profond pour la psychologie humaine et les changements du corps humain au fil du temps. Tous deux aimaient également réaliser des portraits d’hommes et de femmes (de femme uniquement pour Klimt après 1900). Portraitiste le mieux payé de Vienne à cette époque, Klimt a laissé de nombreux portraits inachevés à sa mort brutale à l’âge de 1955. Ce sont les uniques indices qu’il nous lègue sur son processus de création.

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Les deux artistes se rapprochent enfin par leur obsession pour le traitement des surfaces. Rodin a travaillé aussi bien avec le plâtre que le bronze, la céramique ou la pâte de verre. Alors que certaines surfaces sont parfaitement polies et brillantes, d’autres sont laissées brutes. Chez Klimt, les surfaces planes (comme la maison dans le tableau Allée dans le parc du Château Kammer) contrastent avec celles plus embellies et ornementées (comme les arbres dans le même tableau).

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L’exposition était intéressante mais le nombre d’œuvres présentées et les explications parfois lacunaires m’ont laissée un peu sur ma faim.

En quittant le musée

 

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Edvard Munch au SFMOMA

Samedi 7 octobre 2017

Ce matin, nous partons voir l’exposition de Munch au SFMOMA. L’artiste norvégien, né en 1863 et mort en 1944, est connu pour s’intéresser à l’aspect émotionnel et psychologique des êtres humains. Nous ne verrons malheureusement pas Le Cri, mais découvrons un peintre aux techniques diverses.

Sleepless Night : Self-Portrait in Inner Turmoil, 1920

L’exposition débute par une série d’autoportraits que l’artiste a réalisé tout au long de sa vie. C’est intéressant car le spectateur peut découvrir à la fois les changements physiques qui se sont opérés mais aussi les différentes expressions artistiques. Deux oeuvres m’ont particulièrement plu. Dans la première, l’artiste est de pied, pinceaux à la main, très digne et très formel, voire un peu bourgeois ; dans la deuxième, l’artiste, alors qu’il organise sa succession, se représente chez lui, entouré de ses toiles, entre un lit et une horloge sans aiguilles – symbole du temps qui passe et de l’éternité, de la vie et de la mort.

Dans la salle suivante, nous découvrons des nocturnes. Starry night, où les protagonistes sont absents – mais pas leurs ombres – me plaît beaucoup pour son calme presque surnaturel. Le portrait d’Olga Buhre est aussi intéressant : alors qu’elle semble sortir du néant et se fondre avec la toile, sa pésence est autoritaire et son expression résolue – ou mystérieuse ?

L’artiste a également réalisé plusieurs portraits de nouveaux-nés, enfants ou adolescents, souvent proches de leur lit. Toutes ces compositions, très calmes, sont à cheval entre amour et tragédie. On peut voir la soeur de l’artiste, Sophie, peu avant sa mort ou encore une adolescente, à la fois sereine et vulnérable.

Pendant ses années à Oslo, entre 1916 et 1944, l’artiste avait peu de compagnie à l’exception de femmes, à la fois femmes de ménage et modèles. Et pour l’artiste, l’expression de leurs sentiments et émotions, comme la vulnérabilité et le désespoir, prime sur leur représentation en tant que femmes.

A défaut du Cri, nous avons la chance de voir le tableau qui a été, selon Munch, à l’origine de la fameuse toile. La toile, avec le soleil rouge sang, respire la mélancolie et la peine. Red Virgina Creeper est aussi un tableau intéressant. Si l’on fait abstraction du bas de l’oeuvre, on peut apprécier un paysage automnale avec une maison recouverte d’un feuillage rouge ; si l’on observe l’oeuvre dans son ensemble, par contre, alors l’atmosphère devient un peu glauque. Enfin, il y avait une de ses fameuses Madonna – Vierge hors d’atteinte ou amante ? – où la piété religieuse fait face au désir sexuel.

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Munch était également un artiste préoccupé par la mort. A plusieurs reprises, il a représenté la mort de sa soeur Sophie, choisissant soigneusement l’emplacement des différents protagonistes et ajoutant même sa mère, décédée plusieurs années auparavant. Chaque réinterpértation du tableau permet de revisiter la scène. Par exempe, dans le tableau de 1915, la palette est nettement plus vive et les couleurs plus contrastées. Les personnages aussi semblent portraiturés comme distordus par le passage du temps.

La dernière salle de l’exposition est consacrée à l’amour. Et oui, comment éviter ce thème, sujet fascinant pour Munch qui l’a représenté des premières étincelles à son épuisement ? Mais attention, sur nombre de ses tableaux, toute forme d’amour est contrebalancée par ses revers, que ce soit la jalousie ou le chagrin dû à la séparation.

Une magnifique découverte !

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Yosemite – Vernal & Nevada Falls

Samedi 30 septembre 2017

Ce matin, après une excellente nuit de sommeil, nous prenons le petit déjeuner et nous rendons immédiatement au fond de Yosemite Valley pour nous garer. Nous rejoignons Happy Isles, traversons Merced River puis nous mettons en route pour Vernal & Nevada Falls. Nous avions commencé cette randonnée il y a trois ans mais avions dû abandonner en raison d’un violent orage.

Le sentier nous conduit rapidement à Vernal Falls Foobridge. Il s’agit d’un petit pont d’où nous pouvons apercevoir Vernal Falls. La rivière est superbe et les couleurs alentours encore plus, avec les arbres qui commencent à se parer de leurs teintes automnales. A l’aller, nous empruntons Mist Trail, nommé ainsi en raison de l’humidité et des fines goutelettes d’eau qui vaporisent les randonneurs. Le chemin est très raide et il faut « escalader » un nombre impressionnant de marches en granites conçues pour des géants ! A maintes reprises, nous nous arrêtons pour admirer et photographier cette cascade de 96 mètres de haut qui forme un immense rideau blanc sur une paroi de granite. A ses pieds, un petit arc-en-ciel se forme sous l’effet des goutelettes et du soleil. Cette cascade tiendrait son nom de l’eau qui serait un peu verte à son sommet, au contraire de Nevada Falls et de son écume blanche comme neige.

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Nous continuons notre route en direction de Nevada Falls, haute de 180 mètres. Plus nous avançons, plus les randonneurs se font rares. Et pourtant, le chemin, situé au pied de Liberty Cap, serpentant entre blocs de granite et forêts, est nettement plus agréable. Nous ne mettons pas bien long à atteindre le sommet… et les efforts valent toutes les peines du monde : Little Yosemite Valley – où coule Merced River – est spectaculaire et Özgür et moi ne manquons pas de faire des plans pour revenir dans la région ! L’endroit est parfait pour un pique-nique et c’est avec regrets que nous nous remettons en route. Afin de faire une boucle et de ne pas emprunter le chemin raide de l’aller, nous suivons John Muir Trail. Et de là, la vue sur l’arrière d’Half Dome est époustouflante !

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Une fois de retour dans la vallée, nous nous arrêtons faire quelques clichés d’El Capitan puis mettons les voiles sur San Francisco…

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Yosemite – May Lake

Samedi 30 septembre 2017

Des amis étant en visite à San Francisco, nous profitons du weekend pour une escapade à Yosemite National Park. Comme d’habitude, losque nous partons un peu loin, nous quittons la maison aux aurores. Une fois l’entrée du parc passée, nous nous arrêtons pour un petit déjeuner bien mérité, puis, après quelques informations prises, décidons de passer la journée du samedi dans les hauteurs du parc.

Nous nous garons pas bien loin de Tenaya Lake et nous mettons en route pour May Lake, un petit lac alpin niché aux pieds de Mount Hoffmann. Le chemin que nous empruntons, bordé de blocs de granite, traverse des forêts de cônifères. De temps à autres, la forêt s’éclaircit et laisse place à des paysages spectaculaires. Entre Tenaya Lake, d’un bleu vibrant, et Half Dome se perdant au loin, je ne sais plus ou poser mes yeux !

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Arrivés au lac, nous dénichons un petit coin tranquille pour un bon pique-nique. Nous savourons le moment présent puis redescendons alors que l’après-midi est bien entamée. Avant de rentrer au camping, nous décidons de faire un détour par Tuolumne Meadows et grimpons sur Pothole Dome, une énorme « bosse » granitique dominant la prairie. Le paysage y est toujours spectaculaire : un ciel bleu céruléen, des sommets granitiques gris anthracite, des forêts vert sapin et une prairie qui a pris des teintes automnales.

Sur le chemin du retour, nous faisons un petit arrêt à Tenaya Lake où nous profitons des derniers rayons du soleil pour prendre l’apéro. Puis nous nous mettons en route pour Crane Flat Campground. Nous nous activons pour monter les tentes et récupérer du bois avant la tombée de la nuit et mettons le souper en route. Au menu, nous dégustons le désormais fameux poulet rôti d’Özgür avec sa sauce aux myrtilles !

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John McLaren Park

Dimanche 24 septembre 2017

Aujourd’hui, histoire de prendre l’air, nous partons à la découverte de John McLaren Park, le deuxième plus grand parc de San Francisco. Ce dernier, créé en 1927 et situé très au sud de la ville, est peu fréqunenté, malgré ses nombreux sentiers et des températures estivales.

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Nous y passons un peu plus d’une heure, entre forêts d’eucalyptus et prairies jaunies par le soleil et prenons quelques clichés de la ville sous de nouveaux angles. Mais le must, aujourd’hui, reste notre rencontre avec un coyote !

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Impressionnistes et modistes à la Légion d’Honneur

Samedi 9 septembre 2017

Aujourd’hui, nous partons à la Légion d’Honneur pour voir une exposition réunissant impressionistes et modistes, où les oeuvres de Degas, Renoir ou Henri de Toulouse-Lautrec représentant des femmes portant des chapeaux font écho à ceux soigneusement choisis pour leur beauté ou spécificité.

Entre 1870 et 1914, l’industrie chapelière est à son sommet avec 655 modistes à Paris ! Le chapeau, obsession sociale, sujet de louanges et de critiques, est l’accessoire le plus précieux des dames de l’époque, transmettant le goût et la sophistication de celle qui le porte, mais aussi indiquant son statut social de par la rareté de certains matériaux.

De leur côté, les impressionnistes, fascinés par divers aspects de la modernité, s’engouent pour cette forme d’affirmation féminine et ne tardent pas à fréquenter les ateliers des modistes et leurs clientes. C’est ainsi, entre autre, que Degas découvrit les chapeaux de Caroline Reboux ou de la Maison Virot.

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Degas était fasciné, d’une part par les modistes qu’il aimait représenter en plein travail, d’autre part par les femmes, qui, souvent accusées d’être frivoles, s’efforçaient d’exprimer leur indépendance à travers leurs goûts.

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Les chapeaux n’étaient cependant pas l’apanage des femmes. Chez l’homme, ce dernier était aussi un symbole distinctif de classe sociale. Alors que le haut-de-forme était généralement réservé à la haute société, le chapeau melon était la marque d’un homme de la classe moyenne ou de la classe ouvrière. Dès 1880, ce dernier symbolisait aussi le statut bohémien d’artistes ou intellectuels. Et devinez quel chapeau est porté à la fois par les hommes et par les femmes ? Et bien, c’est le canotier, si pratique pour les activités extérieures !

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A cause des modistes, Degas et ses contemporains ont été amenés à reproduire nombre de rubans chatoyants et fleurs artificielles. Ces dernières étaient presque omniprésentes sur les chapeaux de paille, témoignage d’un idéal féminin particulier, entre nature, beauté et simplicité. Les fleurs artificielles n’étaient cependant pas à la portée de toutes les bourses, leur coût s’élevant à près de 100 francs pièce (sachant que le salaire journalier d’une ouvrière parisienne était de quelques francs…).

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Les chapeaux ornés de plumes exotiques provenant des colonies africaines, d’Amérique centrale et d’Amérique du sud ou encore d’Asie, ont été très en vogue jusqu’à l’éclatement de la Première Guerre Mondiale. Le statut sociale d’une cliente pouvait se deviner grâce au type de plumes portées. Cette mode a même atteint des extrêmes avec des chapeaux ornés d’oiseaux empaillés entiers. Cette pratique n’était cependant pas sans danger pour les modistes qui se trouvaient alors en contact avec l’arsenic utilisé par les taxidermistes pour stopper la décomposition des oiseaux.

Dans les années 1910, les chapeaux ont des bords très larges et sont très richement ornés, comme ceux de Madame Georgette ou des soeurs Guillard. Et ce ne sera qu’à la fin de la décade – et bien après le mouvement impressioniste – que des modistes comme Caroline Reboux et Lucie Hamar introduisirent des chapeaux moins extravagants.

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Point Reyes

Samedi 2 septembre 2017

Ce matin, après un petit déjeuner pris dans le jardin, sous un soleil de plomb, nous empaquetons nos affaires et un pique-nique puis nous mettons en route pour Point Reyes. Nous passons par la charmante ville de Fairfax puis traversons des forêts de redwoods avant de rejoindre la péninsule et Point Reyes Lighthouse, le phare situé au contrebas d’une falaise et atteignable par une volée de 300 marches.

Tule Elk

D’habitue, cette région, de par sa situation géographique, est toujours très ventilée. Aujourd’hui, cependant, il n’y a pas un souffle et l’océan ressemble plutôt à la Mer Méditerrannée.

Point Reyes

De là, nous passons voir les éléphants de mer. La plage est malheureusement presque désertée et nous n’en voyons qu’une dizaine… leurs comparses préfèrent probablement se rafraîchir dans l’océan. Par contre, nous avons la chance de voir une loutre. Cette dernière est sortie de l’eau comme une fusée pour aller se cacher dans les rochers et buissons environnants. A cause de ses déplacements si rapides, je n’ai malheureusement que quelques photos floues…

Elephant de mer

L’après-midi étant déjà bien avancé, nous nous arrêtons à Drake’s beach pour pique-niquer. Alors que les enfants profitent de la plage pour s’asperger et construire des châteaux de sable, nous trinquons, un verre de rosé bien frais à la main… que veut-on de plus ?

Et comme festoyer semble être le mot d’ordre du weekend, à souper, nous dégustons une fondue avec du vrai fromage suisse importé sur la terrasse!

Fondue

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